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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 18:34
… Je réécris à l’hôpital de Valenciennes pour demander à consulter mon dossier médical.
Que n’ai-je demandé ! Il a fallu plusieurs lettres, plusieurs coups de téléphones, plusieurs mois pour qu’enfin, en présence d’un technicien de l’hôpital, je vois sur un bureau l’épais dossier qui raconte ma vie à l’hôpital.

 

Le technicien demande ce que je veux voir. Je lui réponds :
-         Deux choses. Le résultat d’une radio des poumons que je n’ai pas demandée mais qu’on m’a faite. Je n’en ai jamais entendu parler.
La deuxième chose : après le dernière greffe on m’a affirmé qu’il y a eu des prélèvements sur la plaie avant et après la greffe. Je veux voir les résultats, là aussi, de ces prélèvements.
-         Pas de problème.
Le technicien ouvre l’épais dossier. Il cherche, il trouve la radio des poumons. Résultat : R.A.S. Pourquoi ne pas l’avoir dit ?
Ensuite, pendant vingt bonnes minutes, le technicien compulse plusieurs fois des feuilles, des actes chirurgicaux, des ordonnances, des comptes-rendus, etc. Aucune trace de prélèvements.
Le technicien téléphone au laboratoire de l’hôpital, là encore : aucune trace d’analyse de prélèvements, même pas une trace de mon nom.

Désolé et gêné, le technicien conclut :

-         Il n’y a eu aucun prélèvement ni analyse.

-         Pourtant on m’a dit …

-         On vous a menti.

-         Je fais quoi avec cette information ?

-         Ce n’est pas à moi de vous le dire !

Je n’allais pas mettre l’hôpital devant les tribunaux. C’était du temps et de l’argent que je n’avais pas.

 

« Silence, hôpital »

  Ce panneau qui annonce un hôpital, lui, ne ment pas !

 

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 07:56

Ca fait presque un an et demi maintenant que le manchon en silicone a arraché de la peau sur le moignon.

Onguents, pansements de toute sorte, pommades, crèmes diverses, rien n’y fait. La chair ne veut pas se régénérer.

La dermato de l’hôpital de Valenciennes opte pour une greffe de peau. Trois greffes successives, trois échecs.

La dermatologue finit par me dire :

-         Nous avons tout essayé, nous ne pouvons plus rien faire pour vous.

Surpris, je demande :

-         Donnez-moi l’adresse d’un autre endroit, d’un autre spécialiste.

-         Je vous dis que nous ne pouvons plus rien faire pour vous.

Comme si elle disait : ‘si moi je ne peux pas, personne ne pourra’.

Je suis renvoyé chez moi ou dans la nature ce qui revient au même, avec plus aucun espoir, avec un moignon abîmé pour toujours. J’en aurai pleuré. J’écris au directeur de l’hôpital pour dire, pour crier, pour dénoncer ce comportement inadmissible.

 

Si les deux premières greffes ont été faites dans un bloc stérilisé, la troisième est réalisée dans la chambre d’hôpital. Il y avait là la  cheftaine dermato, cinq ou six étudiantes et étudiants, deux infirmières, une aide soignante et moi. Mais moi, j’étais pas le plus important. Personne ne m’a adressé la parole. La cheftaine donnait un cours, heureuse d’avoir un cobaye aussi patient.

 

Après ces greffes infructueuses, je rentre chez moi. Le médecin traitant, intrigué par mon récit, décide de faire un prélèvement dans la plaie pour analyse. Résultat : staphylocoque doré.

Dans ma tête, je suis persuadé qu’il y a un rapport entre cette jolie bestiole et la greffe en chambre.

J’écris à l’hôpital pour dire ma présomption. Il m’est répondu :

-         Impossible ! Un prélèvement a été fait avant et après la greffe faite dans votre chambre. Ils ont été tous les deux négatifs.

 

Je réécris à l’hôpital de Valenciennes pour demander à consulter mon dossier médical… (à suivre)

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 06:39

Un jour j’ai voulu aller acheter un téléphone portable chez Boulanger. Je ne parle pas du fabriquant de pain bien sûr, mais du vendeur d’électroménager.

Je porte ma prothèse et je suis fier de me balader comme tout le monde. Avec la chance qui ma caractérise, ce matin là, la femme de ménage venait de nettoyer le sol du magasin et je n’ai pas fait attention à une petite flaque d’eau de rien qui prenait son temps pour sécher.

Vous avez deviné ! j’ai marché du pied gauche dessus, j’ai glissé et je suis tombé. Ça se passait juste devant les caissières.

Me voilà donc par terre et je grimace. Je vois le genou grossir et la prothèse devient insupportable.

J’essaie mais n’arrive pas à me relever. C’est alors qu’une petite caissière daigne lever son petit derrière de la chaise pour me dire au dessus de la caisse :

-         Et bien, monsieur, relevez-vous ! Ce n’est pas bien grave.

C’est pas elle qui était par terre ! Et puis si mon genou gonflait à vue d’œil, la prothèse, elle ne changeait pas de circonférence !

Je la saisis des deux mains (la prothèse, pas la caissière !) pour tenter de l’enlever.

La petite caissière voit avec stupeur  ma jambe grandir peu à peu. J’étais en pantalon et elle ne pouvait pas voir que c’était une prothèse.

Bien que c’était douloureux, j’ai ri lorsque j’ai vu les yeux de la caissière grandir au même rythme que ma jambe !

Elle a failli avoir un malaise ! Elle a quitté sa caisse en courant, en criant, ne voulant plus voir le reste.

J’ai enfin réussi à enlever la prothèse et ce sont des clients qui sont venus m’aider. Ils m’ont fait asseoir, ont été chercher un verre d’eau et quelqu’un m’a proposé de m’accompagner à ma voiture. Une main sur son épaule, nous y avons été à mon pas !

Je n’ai jamais vu, pendant tout ce temps, l’ombre d’un vendeur du magasin ! La caissière leur avait sans doute raconté que j’étais anormale et que j’avais le pouvoir de grandir à volonté !

Lorsque je suis arrivé chez moi, pour aller du parking à la maison, j’ai commencé une lente marche à cloche pied avec mon pied gauche sous le bras. Heureusement, un voisin m’a vu et a proposé son aide. Je lui ai donné les clés de la maison et il a ramené mon fauteuil roulant.

Depuis je prends toujours deux cannes lorsque je sors !

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:27

Une histoire brève. Vous direz pourquoi la raconter dans un article d’humour ? Parce que ça ‘m’a fait drôle’ ! Voilà : J’ai été opéré d’une hernie discale après l’amputation. C’était à la clinique de la Louvière à Lille. Avant d’entrer dans la clinique j’ai du passer chez le chirurgien dont le cabinet était de l’autre côté de la rue, face à la clinique. La visite a duré deux minutes et j’ai payé 50 euros … Ce qui m’a fait drôle a été de payer cette somme pour traverser la rue ! Un péage en somme …

 

De l’humour vrai maintenant :

Lorsqu’on est amputé d’une jambe, des expressions prennent une autre saveur lorsqu’on me les dit ou que je les prononce moi-même. Quelques exemples :

‘ c’est l’pied !’ (je voudrais bien)

‘prendre son pied’ (je peux le faire)

‘pied à terre’ (c’est fait)

‘perdre pied’ (c’est fait aussi)

‘retomber sur ses pieds’ (veinard)

‘de pied ferme’ (tu veux un coup de prothèse, elle est ferme !)

‘ça lui fera les pieds’ (je ne demande pas mieux)

‘ne pas savoir sur quel pied danser’ (moi je sais)

‘faire un pied de nez’ ( je peux en enlevant la prothèse et en la mettant devant mon nez)

‘mettre pied à terre’ (il y a intérêt à mettre le bon)

‘mise à pied’ (mon patron l’a fait)

‘se lever du pied gauche’ (je ne peux plus)

‘prendre les jambes à son cou’ (je peux en prendre au moins une) 

et dans le Nord, on dit pour boire un autre verre : ‘on ne repart pas sur une jambe !’ (enfin on me considère normal !) –

etc. à vous de jouer ! Proposez-en d'autres !

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 18:28

Une histoire qui m’est arrivée à l’hôpital de Valenciennes.

Je viens de subir une greffe de peau. Le dermatologue m’a pris un peu de peau sur la cuisse pour la mettre sur le trou qui est sur le moignon et ne veut pas se fermer. Pas d’inquiétude, aucune douleur.

Je suis dans un bloc opératoire (ce qui ne sera pas toujours le cas mais ce sera l’objet d’une autre histoire). Tout est aseptisé. Les murs sont nus comme moi. Les instruments sont ‘bétadinisés’ comme moi. Le dermatologue et son assistante rient, pas comme moi.

Quand tout est terminé, je me dis que j’ai eu bien tort d’avoir eu peur. Aucun problème, aucune souffrance.

Je suis remis sur un lit d’hôpital,  roulé hors du bloc, mis en attente dans un grand couloir sombre. Je suis seul. Une horloge murale annonce qu’il est 18h30.

J’attends qu’un brancardier vienne me remonter dans la chambre

Un quart d’heure passe, une demi-heure, puis une heure. Personne.

Aucun bruit dans le couloir où il fait de plus en plus sombre. Personne ne passe. J’ai l’impression d’être isolé, perdu, oublié dans l’hôpital. Tous l’ont quitté, malades, chirurgiens, spécialistes, médecins, infirmières, infirmiers,  aides-soignantes etc. Je suis seul, je suis abandonné !

A force de fixer les aiguilles de l’horloge, je les vois avancer.  J’entends le tic tac qui affirme : ‘perdu’ ‘foutu’ ‘laissé’ ‘plaqué’ …

Angoissé je me mets à crier : ‘Y a t il quelqu’un qui m’aime ici ?’ Aucune réponse, aucun bruit à part le tic tac.

Après l’angoisse, c’est l’impatience (je n’ai jamais été un bon ‘patient’) Au bout d’un quart d’heure je me remets à crier : ‘Si je m’appelais Sarkozy je serais remonté depuis longtemps !’

Toujours pas de bruit, ni de rire. Je suis persuadé que j’ai été oublié, que je vais passer la nuit dans ce couloir, que des revenants vont revenir, parce que pas bien soignés, me chatouiller les doigts de pied. Pourvu qu’ils ne se trompent pas de jambe !

Je sais que les ascenseurs ne sont pas loin derrière une porte restée ouverte. Je décide de quitter le lit. A cloche pied, je me mets à la tête du lit qui est sur roulettes et je le pousse.

Je n’ai pas sauté deux pas pour être devant la porte de la délivrance qui s’avère être coulissante, que celle-ci est immédiatement fermée et bloquée. Quatre ou cinq personnes sortis de nulle part (les revenants revenus ?) m’entourent, me remettent de force dans le lit,

m’engueulent : « Vous n’êtes pas bien ! Et votre pansement ! Si la greffe prend ce ne sera pas grâce à vous ! »

J’essaie d’expliquer que je suis là depuis presque deux heures et que je croyais avoir été oublié. « Mais non ! Nous n’oublions personne ! »

Deux infirmières et un infirmier (rien est parfait !) restent près de moi attendant que le brancardier rappelé arrive.

 

Finalement, je n’étais pas si seule que ça ! Pourquoi personne n'avait réagi à mes cris ? Pourquoi aucune infirmière n’était venue me consoler dans mon lit ? Mystère !

C’est quand même une drôle d’organisation dans cet hôpital !

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 14:50

Je suis dans la section syndicale CFDT des retraités de la métallurgie de Valenciennes.

Nous avons décidé de faire avancer l’accessibilité dans les appartements afin que les retraités puissent rester le plus longtemps chez eux.

Notre demande n’a rien de révolutionnaire. De petits aménagements faits lors de constructions neuves ou lors de travaux de réhabilitation comme des volets électriques, des douches accessibles, des portes plus larges pour les fauteuils, des waters plus hauts etc. rendraient possible d’être plus longtemps dans son logement.

Nous avons envoyé une dizaine de lettres à des bayeurs différents. Et bien, aucun n’a répondu même pas pour accuser réception par politesse… Aucun journal n’a fait écho de notre démarche lorsque nous avons transformé notre lettre personnelle en lettre ouverte. Il nous faudra sans doute prévoir une action avec du sang (ce serait bien sûr du concentré de tomate !) pour qu’on remarque notre existence.

L’accessibilité ! J’en ai déjà parlé mais remarquez lorsque vous allez voir quelqu’un qui habite dans un immeuble de chez ces bayeurs, il y a toujours des marches.

Par exemple, j’ai été voir des amis qui habitent dans un immeuble de l’avenue des Dentellières à Valenciennes. A l’extérieur c’est super. Il y a des pentes très bien faites pour accéder à l’entrée de l’immeuble. Je sonne pour que les amis ouvrent la porte qui donne sur la rue. J’entre et là, pour prendre l’ascenseur, deux belles marches m’ont bloqué.

Devant les immeubles de Val’Hainaut Habitat, il n’y a pas de pente mais des marches : quatre, cinq ou six selon les entrées.

Il y a eu un jour des travaux devant ces entrées. J’ai pris mon téléphone pour demander au responsable de V2H d’en profiter pour faire une pente qui servirait pour les mamans avec leurs enfants dans les poussettes ou pour les handicapés en fauteuil. Surprise ! il a entendu et deux rails ont été fait … mais l’un est à ras des marches (le berceau d’une poussette ou le fauteuil d’un handicapé sont plus larges  que l’intervalle entre les roues, faut pas avoir fait l’E.N.A. pour le comprendre) et l’intervalle entre les roues n’est pas le même que l’intervalle entre les rails sur les marches ! Ces rails sont plus dangereuses qu’autre chose. Si quelqu’un s’y risque, à tous les coups patatras !  En fait le responsable de Val’Hainaut n’a pas seulement entendu, il a s’est aussi moqué de nous !

Dans ces immeubles, j’ai des amis que je ne peux jamais aller voir …

‘La Voix du Nord’ raconte qu’une femme en fauteuil habite le troisième étage d’un immeuble de Val’Hainaut et qu’elle est bloquée chez elle depuis des années !

 

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 16:06
Un jour, j’étais fier sur le fauteuil électrique que des amis m’avait offert.
Je roule dans la rue. Arrivé près de ma maison, je fais un savant quart de tour pour franchir le trottoir mi-baissé. Je prends mon élan, du moins c’est le fauteuil qui prend son élan. Il (le fauteuil) prend peur et les roues restent bloquées dans la rue, contre le trottoir. Je ne m’y attendais pas et j’ai continué le parcours sans le fauteuil, c'est-à-dire que le fauteuil était dans la rue et moi à plat ventre sur le trottoir. A cause de la force centrifuge, il paraît. Bref, le fauteuil avait adopté la force d’inertie et moi la force d’envol ! Curieux comme ma fierté a laissé la place à la honte, au déshonneur. Je ne suis pas resté longtemps par terre et ai rejoint le fauteuil à cloche-pied.
Pour la Sécu, avoir un monte trottoir sur le fauteuil électrique est considéré comme un luxe et doit donc être payé par ma pomme … Moi, je ne suis pas ‘Intouchable’, c’est mon porte-monnaie qui l’est ! Dès que j’y touche il se dégonfle !
Merci la Sécu de prendre soin de nous ….
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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 16:45

L'un de mes petits neveux qui a cinq ans, regarde depuis un moment cette curiosité : je n’ai qu’une jambe. Après beaucoup de réflexion, il s’approche, touche le moignon et me dit :

-         Pourquoi t’as pas fait pareil à l’autre ?

Les enfants sont beaucoup moins complexés devant moi que les grandes personnes. Ils ont aussi le sens de la symétrie !

Lorsque je rencontre un enfant, il s’arrête toujours et pose plein de question. Les parents rougissent et me disent :

-         Excusez-le, il est petit.

Je réponds :

-         Il a raison de poser des questions. Il veut savoir pourquoi je suis fait comme ça.

Un autre enfant m’a demandé :

-         T’as mal, monsieur ? On va te faire une jambe neuve ?

-         Oui. Une belle jambe artificielle et je pourrai marcher comme toi, avec.

Un autre :

-         Pourquoi on t’a coupé une jambe ? Tu pesais trop lourd ?

Encore un autre qui se renseigne après avoir déjà vu ma jambe amputée :

-         Ta jambe est toujours coupée ?

 

 

Ça se passe à Valenton, le centre d’appareillage où il n’y a que des amputés et dont j’ai déjà parlé.

Ma frangine vient me faire une visite avec trois de ses petits enfants et ses deux filles. Pour mettre un peu d’ambiance dans les cœurs, elle se met à chanter en franchissant la porte du centre :

« Dans la troupe, y’a pas d’jambe de bois, y’a des nouilles mais ça n'se voit pas … »

Quelle rigolade ce jour-là ! Je dois dire que la chanson n’était pas intentionnelle. Ma frangine s’est mise à chanter ce qui lui passait par la tête.

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 15:33

C’est incroyable comme à ras du sol la vie n’est plus la même.

La ville de Valenciennes est assez jolie depuis qu’il y a un tram et que tout a été refait. Non ! Pas tout ! Le centre ville a été refait ! lorsqu’on habite un quartier périphérique les difficultés commencent :

Je vais souvent dans les rues de Valenciennes pour des raisons diverses. Quand il fait beau je vais en fauteuil électrique.

En fauteuil, sans rire, je risque parfois ma vie lorsque je veux quitter mon quartier de ‘La Chasse Royale’ !

Lorsque l’accès à un trottoir est surbaissé, je roule sur ce trottoir, heureux de vivre jusqu’au moment où je dois quitter le trottoir pour traverser une rue perpendiculaire. Waouh ! Surprise ! Le trottoir n’est pas surbaissé et je dois faire demi-tour jusqu’au point de départ (parfois cent mètres) pour descendre du trottoir là où j’y étais monté et emprunter (partager ?) la rue avec les automobilistes qui me frôlent comme s’ils voulaient me caresser.

La plupart des rues sont bombées, ont des trous sur les bas-côtés et je dois rouler presque au milieu de la rue pour ne pas me retrouver bloqué dans un caniveau. Les voitures ne sont pas contentes et me font des queues de poissons : « Arrête ! » je crie  ( poisson – arête … bof ) etc.

Il arrive souvent que traversant, toujours en fauteuil, une rue au niveau d’un passage piéton, il y a un trottoir surbaissé d’un côté et pas en face … mystère …

Un autre mystère, celui des stationnements pour voitures qui ont un macaron GIC (Grand Invalide Civil). Avec des associations, nous sommes intervenus auprès de la mairie pour changer les emplacements GIC. Je crois qu’ils font semblant de ne pas nous comprendre. Pour eux, il y a suffisamment d’emplacements GIC, ce que nous ne contestons pas. C’est l’endroit où ils sont qui ne va pas. Des exemples au hasard ( ? ) : trois stationnements pour GIC à la mairie et rue en cul de sac souvent barrée par des camions de livraison ; deux à la Poste ; trois à la gare à plus de deux cents mètres ; aucun près du théâtre ; un près de la CAF etc. Par contre il y en a tant qu’on veut au milieu des boulevards qui encerclent la ville : ils sont loin de tout magasin, du centre ville et il faut prendre le risque de traverser le boulevard.

 

Le maire est un malin, il sait que nous ne pouvons pas lui courir après, alors il laisse en l’état

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 16:39

En mai 1992 la marche devient de plus en plus difficile. Je fais une vingtaine de pas et je dois m’arrêter. Dans le même temps, le gros doigt de pied gauche noirci sous l’ongle.

Je vais revoir le médecin qui ne peut me recevoir qu’en juin. Je lui montre mon pied et lui explique que je marche difficilement. Voyant le gros doigt de pied noir, il s’écrie :

-         Ah ! ce n’est pas bien grave ! vous êtes fraiseur, n’est-ce pas ? c’est un copeau qui s’est glissé sous l’ongle, je vais l’enlever.

Je m’allonge sur la table faite pour et, avec une grosse épingle, le médecin commence à farfouiller sous l’ongle. Je crie.

Imperturbable, le médecin demande :

-         Je vous fais mal à ce point là ? vous êtes bien douillet.

-         Sans doute, excusez-moi, arrêtez avec votre épingle.

-         Bien. Je vais vous envoyer chez un chirurgien et avec un bon coup de bistouri, il va vous ôtez ce copeau qui est peut-être enfoncé un peu loin.

 

Je vais voir le chirurgien. Il m’allonge, tâte le pouls de chaque cheville et déclare :

-         Ce n’est pas un problème de copeau. Il n’y a plus de circulation dans la jambe gauche.

Ce que n’avait pu diagnostiquer le médecin en un an et demi, le chirurgien l’avait fait en quinze secondes !

Huit jours plus tard, je passe une artériographie. J’ai du mal à me rendre du parking à la clinique. Je fais deux pas et dois m’arrêter tellement la douleur est forte.

L’artériographie montre une artère bouchée sur une bonne longueur, de la cheville à mi mollet.

Je suis hospitalisé pour quinze jours dans une clinique de Valenciennes. (Je reviendrai chez moi, un an plus tard)

On me fait un puis deux puis trois pontages qui se rebouchent  chaque fois.

Lorsque le chirurgien vient m’annoncer l’irrémédiable, je suis avec ma sœur.

-         Les pontages ne résolvent rien, le diagnostique a été fait trop tard. Nous devons amputer votre jambe pour empêcher la gangrène de monter jusqu’au cœur. Lorsque vous serez moralement prêt, vous le direz.

C’était un vendredi de juillet 1992. Je réponds :

-         Coupez tout de suite, s’il vous plaît, ça me fait trop mal.

Ça n’est pas possible, le week-end arrive. Nous opérerons lundi.

 

Je suis amputé le lundi.

Au réveil, j’ai autant mal qu’avant. Je suis découragé.

C’était le début d’une autre histoire !

 

Moralité : Si le médecin vous dit d’arrêter votre cinéma, changez-en (de médecin).

 

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